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Danse - Forme(s) de vie par Éric Minh Cuong Castaing


Au croisement de la performance et du cinéma, Forme(s) de vie, du chorégraphe et artiste visuel Éric Minh Cuong Castaing, réunit des interprètes en perte de mobilité et des danseur.euse.s de sa compagnie Shonen.


« Quels gestes conserveriez-vous, si le mouvement devenait pour vous un enjeu, un combat méritant ou nécessitant une attention sans faille ? » Animé par cette réflexion, en 2019, Éric Minh Cuong Castaing se rend à La Maison de Gardanne, un centre de soins palliatifs où il rencontre Élise, une ancienne danseuse et Kamal, un ex-boxeur, tous deux atteints de maladies neurodégénératives. En partant de l'intime et des singularités propres à chacun, il imagine une chorégraphie collective adaptée à leurs corps particuliers. Déjà dans L’Âge d’or (2018), l’artiste et ses projets «in situ in socius », proposait une approche inédite d’immersion totale dans le quotidien des personnes concernées. Un processus de création inclusif et interdisciplinaire, qu'il renouvelle aujourd'hui entre les mondes de l’art et du soin, avec l'intention de donner un nouvel espace aux corps dits empêchés.


À la fois film, installation et performance, c’est avec la grâce qui caractérise le travail d'Éric Minh Cuong Castain, que Forme(s) de vie met en mouvement les deux interprètes portés par les « prothèses humaines » qu’incarnent les trois danseur.es professionnel.le.s. Le public, en total immersion avec le cheminement corporel et sonore de ces danseur.euse.s aux corps dits « augmentés », est progressivement plongé dans un état quasi méditatif, où corps empêchés et corps performants s’augmentent réciproquement. Les formes de la nature se mêlent à la mémoire des corps et à l’écriture de nouveaux gestes. Le regard frontal invite le spectateur à suivre cette performance de la lenteur qui convoque tous les sens dans un espace temps qui n’a ni début ni fin. La vulnérabilité est ici vécue dans toute sa dimension sensible et créatrice, sans jamais tomber dans la sublimation de la douleur ou une vision réductrice du handicap. Le mouvement est perçu dans sa capacité à inventer sa propre mesure, révélant de nouveaux standards, à contre-courant des corps dits « virtuoses » et au delà des espaces spécifiquement dédiés à l’art. Dans Forme(s) de vie, la danse se sent libre d'inventer de nouveaux possibles et se déploie vers cette intention de s’ancrer pleinement dans le vivant.


Éric Minh Cuong Castaing explore au sein de sa cie Shonen les modes relationnels et les représentations des corps pluriels (danseu.rs.ses professionnel.le.s, amat.rices.eurs, empêché.e.s, atypiques, hors-norme) à l’heure des technologies, via une pratique dite in situ in socius. Issu du champ des arts visuels, il est diplômé de l’école de l’image des Gobelins à Paris et a travaillé pendant plusieurs années dans le cinéma d’animation. EricMcc est associé à l’ensemble interdisciplinaire de la Comédie de Valence, à ICKamsterdam et a été artiste associé au Ballet National de Marseille (2016-2019).


Forme(s) de vie : prochaines représentations en Suisse en juin 2023.







Photos et vidéo © Shonen - Éric Minh Cuong Castaing

Texte : Elise Beltramini

 

Découvrir le travail d'Éric Minh Cuong Castaing



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